
Nos gouvernants nous parlent de régulation dans les marchés financiers. Or cette régulation tant souhaitée, n’interviendra jamais car elle est simplement impossible à mettre en œuvre (sauf à embaucher immédiatement 15 millions d’ingénieurs de niveau BAC + 12, payés au minimum 20.000 euros par mois chacun). Les instruments financiers (IAS) sont bien trop nombreux et d’une complexité inouïe. Beaucoup d’entre eux sont si complexes que leur mode de fonctionnement tient dans un manuel de plus de 600 pages ou bien plus encore. Avec tous ces dérivés swaps, forwards, futures, options, warrants, swaptions, produits hybrides, straddle, strangle, toutes autres combinaisons de dérivés et autres dérivés incorporés. Sans oublier tous les types de CDS, CFD, CDO et autres constructions mathématiques financières. Sans omettre de signaler que les supports sont des actions, obligations, taux d’intérêt, indices boursiers, dettes des pays riches, matières premières, taux de croissance, PIB des pays riches, prix du pétrole, et ainsi de suite jusqu’à l’infini. Les supports sont aussi des combinaisons d’actions, d’obligations, d’indices, et ainsi de suite jusqu’à l’infini. Les intervenants sont des banques, des pays, des entreprises, des collectivités locales, des compagnies d’assurance, des particuliers, des caisses de retraites, des groupements d’intérêts, et ainsi de suite jusqu’à l’infini. Les flux financiers annuels correspondent à 100 fois le PIB de la planète. Les possibilités de titrisation permettent aussi tous les abus. Les entreprises (financières ou non) sont aux produits financiers dérivés ce que le travail est pour l’entreprise. Autrement dit, le produit dérivé financier est devenu une fin en soi. Voilà pourquoi les caisses sont toujours vides pour l’industrie, les services et le commerce. L’argent collecté par les banques et les compagnies d’assurances, se retrouve sur les circuits financiers des dérivés, qui emploie au total très peu de personnel (très hautement qualifié). Finalement, lorsque vous faites le bilan mondial de ces produits dérivés depuis leur 20 ans d’existence, vous constatez qu’ils ont mené le monde à reculons. Ces produits financiers étaient censés être des outils pour stimuler l ’économie mondiale. Ils sont devenus une fin en soi. Les volumes financiers qu’ils représentent leur permettent de briser net -et du jour au lendemain- telle ou telle entreprise qui n’entre pas dans leur système. Finalement, aujourd’hui nous avons pu voir à quoi a servi l’Europe: à amplifier chaque jour la puissance du marché des dérivés. Au détriment de toute la collectivité. Bravo. Le résultat est magnifiquement atteint!