Les débats participatifs

Les marges de manoeuvre de l'Etat dans une société mondialisée

Quelle attitude avoir face au libéralisme économique ?

Par Hubert PEDRINI le 14/06/2008

Je crois que nous sommes à peu près tous d’accord sur le fait que la vocation de la gauche en général et le PS en particulier n’est pas de gérer le libéralisme économique.
D’accord facile à dire mais pas facile de trouver des solutions viables.
Le libéralisme économique, dans sa forme mondiale est une énorme locomotive pratiquement incontrôlée, lancée à toute allure et qui fonce dans tout ce qui est sur ses rails et le rejette sur le coté.
Je n’ai rien contre la libre entreprise, mais elle doit avoir ses limites.
Alors comment peut-on faire pour soustraire au moins partiellement et progressivement du profit excessif des secteurs vitaux tels que :
- l’alimentation,
- la santé,
- l’habitat,
- l’énergie,
- les transports.
Ce qui n’empêche pas de trouver un équilibre financier dans ces domaines et de permettre à ceux qui en vivent de le faire décemment. ?
Comment éviter :
- aux artisans,
- aux petits commerçants
- aux petites entreprises,
De se faire laminer par les grosses sociétés de distribution ou de production?
Il nous reste beaucoup à travailler sur ce sujet majeur.
Un petit rappel d’abord car souvent on se trompe de combat
(je vais essayer de faire simple et court)
Le libéralisme économique contrairement à une idée reçue n’est pas un système économique mais une philosophie.
Bien qu’inspiré de textes de Francis Bacon et de locke au 17éme siècle, le libéralisme économique va naître en France au 18ème siècle en opposition au mercantilisme, ou les valeurs d’argent sont focalisées sur les trésoreries d’état.
Il prend sa source dans le courant physiocrate « gouvernement de la nature »s’appuyant sur la production agricole comme seule source de valeur mais déjà attribuée à la « providence divine »
Les physiocrates (Du Pont De Nemours, Quesnay, Turgot…) furent relayés par des grands noms de la philosophie (Montesquieu, Rousseau, Diderot…)
Après l’abolition des privilèges (la nuit du 4 août 1789) l’assemblée instaure en France la libre entreprise sans droit d’association, ce qui est la première forme de libre concurrence.
Je passe sur le développement de l’économie libérale au 19ème qui connaît de nombreux rebondissements (protectionnisme en Allemagne, internationalisation, apparition de la bourse, première loi anti-trust aux Etats –Unis, puis recul fin 19ème suite aux écrits de Karl Marx et aux mouvements ouvriers) mais ça prendrai de nombreuses pages.
Le début du 20ème siècle verra une croissance exceptionnelle dans des déséquilibres incontrôlables ce qui entraînera le plus grand choc boursier connu à ce jour et un chômage de masse.
A la fin de la seconde guerre mondiale apparaît la notion « d’état providence » .la pensée keynésienne gagne de plus en plus les économistes, et les gouvernements soucieux du bonheur des peuples, créent les conditions du plein emploi ainsi que des protections sociales.
Malgré la globalisation, le libéralisme trouve des freins au sein des gouvernements démocratiques, jusqu’au choc pétrolier de 1973 qui va révéler l’incapacité des états à gérer l’affaiblissement de l’économie et la montée du chômage .Les économistes libéraux vont en profiter et s’engouffrer dans la brèche.
Depuis la mécanique économique libérale s’emballe, créant sont lot de richesses peu partagées et son lot de misère qui commence à devenir insoutenable.
Mais le libéralisme vit une contradiction, par définition, il ne souffre aucune intervention de l’état, mais en même temps ne peut pas se passer du relais de l’état.
Alors ne nous trompons pas de combat car nous ne sommes pas en face d’un système économique, mais d’une philosophie et avec elle des hommes que l’on peut freiner ou stopper
D’autre part il nous faut agir vite, car la puissance financière de certains groupes est telle qu’ils pourront bientôt se passer des relais de l’état
Alors mettons vites les barrières qui limiteront le pouvoir des financiers et sortons de l’économie de marché les secteurs vitaux.

Hubert

Commentaires

le soi-disant libéralisme

Mon impression, c'est que les lois ont été détricotées pour favoriser la classe dominante actuelle : l'élite des grandes écoles.
Tout est fait pour les favoriser,nous sommes obligés de passer par eux, ce que nous payons cher.
Et l'impôt sert à les enrichir. Voir par exemple le système de santé tel qu'il va : les médecins et les labos s'enrichissent et nous nous payons puisque les cotisations sont obligatoires.
La santé devrait être un service public et non pas enrichir les médecins libéraux.

0

Cette société capitaliste

Cette société capitaliste doit à terme être contrôlée sévèrement et efficacement, pour une meilleure répartition ds richesses mais sans casser l'économie.
Comment? Les solutions sont à trouver. Et c'est loin d'être aisé !

Mais les mesures de contrôle du marché ne pourront être efficaces que si elles sont quasiment mondiales, car le capitalisme est mondial et les capitaux et les entreprises iront vers les pays où elles garderont les mains libres!
Vaste programme, presque utopique! Déjà travailler sur la CE.
Mais un idéal est ce vers quoi on tend! Pas ce qu'on atteint d'emblée.Donc:
1-Objectif à long terme.
Là il faut être clair: être de gauche c'est affirmer cette volonté à long terme, déjà. Ce qui ne signifie pas une nationalisation à tout crin de toutes entreprises. Mais un contrôle sérieux. Quand les forces de l'argent qui en fait dominent le monde n'auront plus de refuges, les choses pourront changer. Sans quoi, le monde continuera d'être ce qu'il est...En même temps, les attaques des forces capitalistes qui possèdent aussi les médias livreront un combat sans merci, il faut s'y attendre...
Mais si une telle volonté est affirmée, des gens reprendront confiance et soutiendront ces aspirations!
Les plus faibles gardent un avantage, ils sont de loin les plus nombreux..
2- Mais pour le court terme et moyen terme, il faut déjà se battre pour des mesures d'urgence, sociales, écologistes aussi. Les politiques soutenus par les organisations syndicales et la volonté populaire devront proposer du concret et pas des gadgets....

3 - Je vois mal à ce propos comment faire l'impasse sur une entente avec la gauche du PS. Ceux qui le voudront. Ou alors, c'est rester dans la gestion conciliante du capitalisme , et le PS n'a plus guère de sens. Il échouera à jamais!
Ne pas trop se fier aux résultats des municipales, ceci est différent, et la raison en est la réprobation de la droite UMP-Sarkozy, la déception de certains, pas forcément une approbation du PS qui ne propose rien de solide et de novateur...

J'aimerais tout particulièrement que Ségolène réfléchisse encore à cette situation. Ce ne sont pas les leaders centristes, capitalistes jusqu'au bout des ongles qui feront avancer les choses véritablement. Gagner des élections provisoirement pour ne rien changer n'est utile que pour l'égo des ambitieux.
Bonne journée à tous!

0

Quelle attitude avoir?

Tout ce que dit Hubert est exact et à prendre en compte.
J'ajoute que l'urgence est de DIRE ce qu'il en est aux citoyens: le "capitalisme" a changé de nom pour brouiller les piste et il réussit à merveille...il suffit d'écouter le maire de Paris pour s'en convaincre!
Il faut en effet bien définir les mots qu'on nous balance à la figure. La MONDIALISATION par exemple n'est en fait que la MAIN MISE SUR LE MONDE d'une poignée d'individus peu scrupuleux dont les mœurs son plus proches de ceux de la mafia que ceux d'hommes honnêtes que sont pratiquement tous les êtres humains.
Mais le plus important c'est que pour qu'une nouvelle société soit au service de TOUS, il faudrait un changement profond chez l'être humain de telle sorte qu'il aboutisse à le sagesse ou du moins au non désir de pouvoir tout en ayant une grande ambition pour l'Humanité. Mais comme disait Glenmor, l'Homme n'est pas amendable. Donc seul des états fort, avec toutes les précautions pour qu'ils ne soient jamais sous inflance, peuvent imposer au au Monde le respect de notre devise; "liberté, égalité, fraternité". L'économie doit être au service des hommes point final.
Nous nous devons de donner l'exemple, les peuples n'attendent, en général sans en avoir conscience, que cela.

0

le néo libéralisme et les dictatures

A travers le monde nous pouvons constater que le néo-libéralisme se dissout aisément dans les régimes dictatoriaux, l’exemple de la chine est révélateur, un régime totalitaire développe une économie néo-libérale.
Nous pouvons constater que ce même néo-libéralisme ne peut se dissoudre dans la démocratie puisque les adeptes du néo-libéralisme recherche toujours a réformer la société vers plus de contrainte pour ceux qui produisent , c’est a dire le peuple et moins de contrainte pour ceux qui financent, par la suppression de l’état régulateur.

Le néo-libéralisme recherche constamment des salariés dociles, peu payer et ne bénéficiant de pratiquement pas de couverture sociale.
Si le néo-libéralisme pouvait construire une société ou l’esclavage serait le socle de la société, il le ferait.
Seul la nourriture serait octroyer aux salariés, finis les contraintes des lois, du code du travail, de la sécurité sociale, des retraites, des allocations familiales, des impôts enfin toutes les charges qui « étranglent » ceux qui financent.

A vous

MONNIOTTE Jean Claude
Le 20 juillet 2008

0

nous avons le pouvoir!!!

si nous réussissons dans l'avenir a boycotter le plus de produits possible,issus de ce schéma libéral,alors nous affaiblierons cette pieuvre qui dévore tout. si mondialement les etres de cette terre faisaient l'effort de ne plus consommer ce genre de produits,la pieuvre en serait affaibli. hélas il est fort difficile d'organiser de tels mouvements. nous devons réapprendre a communiquer pour enfin représenter une réelle force,en attendant si chacuns dans son coin fait le choix d'aller chercher ses légumes chez le petit paysan,il fera un acte important. etre rebelle aujourd'hui ,c'est aussi agir ainsi. car en affaiblissant ce système ,il y aura des brèches pour proposer de nouvelles alternatives. car aujourd'hui tout est tellement sous controle que toutes propositions s'affaiblissent jusqu'a perdre toutes forces,suite a toutes les barrières qui leurs font face. le dévellopement durable est un dévellopement responsable. qu'elle joie de refuser et de choisir.

0