Les débats participatifs

Un Parti socialiste efficace et ouvert

Démocratie, direct !

Par Minga le 29/11/2008

La gauche est en crise. Ses stratégies sont pour l’instant inopérantes, voire contre-productives, comme le montrent sa disparition en Italie et l’union sacrée de la fausse gauche avec la vraie droite en Allemagne. Et si la crise de "la gauche" était elle aussi systémique, consubstantielle à la crise planétaire ?

Qu'est-ce que la gauche ?
Le terme est né en France, quand les opposants au féodalisme s'assirent à gauche et les conservateurs à droite de l'hémicycle. La principale revendication était l'abolition des privilèges de la noblesse et du clergé. Celle ci fut votée par une assemblée majoritairement de droite, sous la pression de révoltes populaires dépassant les moyens de répression de l'époque, le 4 août 1789.

La gauche s'est définie par son opposition aux privilèges, et la droite par son attachement aux sauveurs suprêmes, aux césars et aux tribuns. L'étymologie fournit ainsi en axiome une définition "universelle" de la droite et de la gauche, sans ethnocentrisme ni chronocentrisme. Historiquement, le libéralisme philosophique n'est pas de droite, et une Nomenklatura n'est pas de gauche. Le clivage n'a rien de nouveau: la droite veut des hommes providentiels, des rois et des chefs, des délégués et des patrons, des guides et des führers, et leur concède bien volontiers les privilèges de leur éminence putative, et la gauche veut une réelle démocratie (Polis-tikès).
Leurs corpus respectifs opposent deux modèles d'organisations: l'idéologie de droite est celle des pyramides hiérarchiques, et l'idéologie de gauche celle des organisations en réseaux.

Partis de gauche : pour aller où ?
Paradoxe, les "partis de gauche" ne sont pas organisés en réseaux, mais comme les partis de droite et les entreprises capitalistes, en pyramides ! Un "parti de gauche" en ce début de millénaire, c'est une entreprise qui vend un service : changer la société. Ses recettes sont constituées de contributions monétaires et bénévoles, et ses dépenses consistent en actions de lobbying politique. Son organisation est verticale, pyramidale. Elle comprend une dizaine d'échelons hiérarchiques basés le plus souvent sur des découpages administratifs successifs chapeautés de multiples instances de direction concentriques.
Comme dans toutes les entreprises basées sur ce modèle typique du dix-neuvième siècle, l'information ne circule pas ou très mal, les outils sont inadaptés aux objectifs, le climat social est effroyable, et la productivité globale est affligeante.

Naturellement, en termes d'image et de crédibilité, un "parti de gauche" fonctionnant avec plus de hiérarchies internes réelles qu'une entreprise comme Google devient de plus en plus difficile à vendre à ses électeurs potentiels. Leur désaffection n'est donc pas liée à un tarissement de la demande mais à une inadéquation de l'offre, conduisant à une rentabilité négative de l'investissement militant global dans les principaux partis "de gauche" du marché : en quelques décennies, la part des revenus du travail dans le PIB a considérablement diminué au profit des revenus du capital.

Dans leurs formes actuelles, les organisations "de gauche" échouent à opposer à la globalisation du secteur mercantile une globalisation des alternatives démocratiques. Selon un sondage, plus de huit personnes sur dix pensent pourtant "que notre société est mauvaise, et doit changer". Mais comme la quasi-totalité de l'offre des partis, syndicats, et associations "de gauche" repose sur un modèle d'organisation de droite que les entreprises capitalistes elles-mêmes n'adoptent plus en l'état, cette majorité ne concourt que de manière de plus en plus marginale à la demande résiduelle pour ce qui nous sert de gauche politique aujourd'hui.

La démocratie directe: un resizing
Le marketing ne peut enrayer une telle crise : des restructurations majeures s'imposent. Google a trois niveaux hiérarchiques, plus un quatrième qui décide: les actionnaires. Aux partis de gauche et aux entreprises avisées d'adopter un modèle encore plus productif en allant au bout du resizing : aucun échelon hiérarchique (Resizing: réorganisation d'une entreprise par la suppression des échelons hiérarchiques inutiles. A ne pas confondre avec le downsizing, qui est la réduction de la taille et/ou du périmètre d'activité pour augmenter la rentabilité financière de ce qui reste). L'absence de hiérarchie ne vise pas seulement l'économie de dépenses improductives, voire contre-productives, mais aussi et surtout la meilleure capitalisation de l'intelligence collective. Un resizing complet équivaut au concept politique de démocratie directe.

Des tergiversations et des obstacles sont prévisibles, car les échelons hiérarchiques jouent un rôle conservateur bien connu des sociologues des organisations et désormais des électeurs. Les solutions sont connues elles aussi, pour l'essentiel, depuis des millénaires : éviter toute délégation de pouvoir, user de tirages aux sort, de mandats non renouvelables, impératifs, non cumulables, développer méthodes et outils horizontaux d'élaboration de textes collectifs et de prise de décisions (opérationnels même à plusieurs milliards), se doter d'instances exécutives, d'arbitrage, et de contre-pouvoirs indépendantes et à zéro niveaux hiérarchiques, ... et expérimenter tout ça et plus encore ici et maintenant.

Politiquement, quelques ersatz ont suffit à Royal pour court-circuiter l'éléphanterie du PS, à Obama pour doubler Hillary, ou à Besancenot pour passer en vedette américaine chez Drucker. La démocratie directe partout, au parti comme à l'entreprise, représente donc bien une énorme demande qui reste insatisfaite, reniée, édulcorée, sans cesse instrumentalisée et pourtant toujours masquée au débat public. Voilà l'élément systémique de la crise d'une gauche qui s'étonne de demeurer politiquement minoritaire quand elle est sociologiquement ultra-majoritaire.

Bravitude participative ou démocratie directe ?
Associée peu ou prou au "monarchisme d'entreprise" consubstantiel des dogmes réactionnaires, la "démocratie" représentative devient invendable. C'est pourquoi les mouvements de concentration, O.P.A., grandes alliances, et petits arrangements entre "partis de gauche" ne freinent guère leurs déclins. Quelques "bravitudes participatives" peuvent-elles suffire à racheter une gauche Canada-Dry noyée dans un verre de Vichy ?

Le remède à la crise des "partis de gauche" n'est-il pas plutôt d'y revenir ? (à gauche, au sens rappelé en introduction)
2002, 2005, 2007, toutes les grandes études de marché récentes le confirme: désormais, pour convaincre d'adhérer à leur concept d'entreprise, il ne suffit plus aux organisations de gauche de vendre sur catalogue une démocratie livrable au chant du coq le matin du grand soir. Elle doivent avoir le produit en stock, et le mettre en rayons

"Le média, c'est le message", dit Mac Luhan. De la même façon (mais cela s'applique aux quatre pouvoirs définis par Tocqueville et non plus seulement au quatrième), "l'organisation, c'est le projet". L'organisation et son projet perdent toute crédibilité lorsqu'ils s'opposent.

Commentaires

Participatif ? Efficace ? Ouvert ?

Je suis un peu surpris de n'avoir jamais vu apparaïtre ce message dans la liste des messages du sujet : "un parti socialiste efficace et ouvert".

Est-ce juste un problème technique ou une forme de "censure" de cette contribution au sujet ?

Minga
"Parce que le vrai courage est de faire ce qui est juste"

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Intéressant post

Mais qui nie le fait que l'on peut vouloir une démocratie participative tout en proposant du fond. En quoi le pacte présidentiel était-il gauche canada dry? Alors que l'on voit que la quasi totalité des contributions se sont basées sur lui pour proposer un programme de gauche. Le constat que le dynamisme économique doit profiter au progrès social en s'appuyant sur l'excellence environnementale me semble être de bon sens et d'avenir. Comment le nier? C'est cela que je ne parviens pas à comprendre dans les démonstrations de ces "grands" penseurs.

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Ma phrase sur "une gauche

Ma phrase sur "une gauche canada-dry noyée dans un verre de Vichy" ne vise pas Ségolène Royal, mais la gauche dans son ensemble. Parce que force est de constater que la gauche dans son ensemble n'a pas suffit à faire barrage à Sarkozy. Mon petit bulletin Ségolène au second tour et les vôtres n'ont pas fait assez ... ;-(

Mon propos est que la démocratie "seulement participative" n'est pas suffisante, et qu'il convient de développer tant dans le projet politique que dans le parti des formes de démocratie directe à grande échelle. L'usage innovant du site Désir d'Avenir en synergie avec les "clubs" dans la campagne 2007 a plus fait pour Ségolène que n'importe quelle proposition participative de conseils de quartiers. Obama est allé encore plus loin, et il a gagné.
Est-pour ça qu'en pleine campagne présidentielle la direction du PS a fait la promo d'autres sites web non participatifs ?

L'avantage du concept de démocratie directe, appliqué au parti, c'est qu'il rassemble très très largement. Ce qui résoud la "quadrature du cercle" entre Bayrou et Besancenot. De toute façon, en 2012, toute la gauche appellera, tous ensemble, ouais ! Besancenot compris, à faire barrage à Sarkozy ...

Minga
"Parce que le vrai courage est de faire ce qui est juste"

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La démocratie est directe ou n'est pas

Une gauche "canada dry noyée dans un verre de Vichy", c'est en quelque sorte un candidat du PS à l'élection présidentielle qui dit "je suis socialiste, mais mon programme ne l'est pas"... et qui laisse le champ libre à Le Pen et Chirac !
Une gauche sans avenir, une gauche gauche et veule, une gauche qui n'existe plus car elle s'est fondue dans la droite.
Et ceux qui osaient avant prétendre que "la France ne peut accueillir toute la misère du monde"... Ya Basta !

La démocratie est directe ou n'est pas. Force est de constater que notre démocratie peine aujourd'hui à trouver son souffle.
Cette contribution est un bon bol d'air, qui devrait servir les spin doctors et autres conseillers qui ne savent "comment cliver" avec la droite, mais surtout pour enfin redonner espoir aux masses populaires qui rechignent à se déplacer aux urnes...
Bien cordialement,
FARId

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c'est très juste

La démocratie participative si je comprends bien, c'est la suppression de milliers de postes de cadres, de cadres dirigeants, de députés, sénateurs, commissions de tous poils.....

Pour, une validation directe par les citoyens des propositions faites par les dirigeants...voir, le débat des citoyens pour apporter une réponse à la majorité aux dirigeants par une solution concerté à un soucis X ou Y..

Très sincérement je suis pour !!

Mais je crois pas que les "vieux sages" notamment, comme nous le démontre le PS, veuillent de ces idées....puisque ce sont eux qui sont sur les sièges, ça se comprend à la fois !!

du coup, Tant que la gauche ne sera pas rassurer ses vieux et toute cette population en pleine croissance, alors la démocratie participative qu'elle souhaite, ne triomphera pas, surtout en 2012 lorsqu'ils seront presque 15 millions de retraités...

L'exemple de sarkosi est criant.
Une promesse d'augmentation de 25% des retraites en 5 années, un soupson de pensée sécuritaire réconfortante, avec, une chanson quasi militaire pour slogan (comme au temps de papa) pour emmener tous les autres "travailler plus pour gagner plus"......le tout, en ayant aucun projet d'emploi concret permettant justement de remplir les promesses de belles cotisations obtenus par le travail des plus jeunes !!

Autant dire que les "vieux sages" ont vendus la france à un menteur pour remplir leurs égos, pour conserver leurs pouvoirs et leurs privilèges, les accroitrent....tout comme le PS à fait ralentir l'histoire en unissant tous ses courants conservatistes et vieillissants contre la nouveauté représentée par Mme ROYALE, pour conserver ses pouvoirs et ses privilèges à travers Mme AUBRY.

Usurpation de l'histoire ?? non, juste un frein, car finalement, pour des sages, "parier sur de futurs retraités si ce n'est déjà à la retraite" je ne sais si c'est vraiment sage....la sagesse ne serait t'elle pas plutot de piloter la transmission du pouvoir.....apparemment non !! la lutte est générationelle, tant au PS, que dans toute la france !!

Sarkosi n'étant que le vecteur visible de cette fracture nationale, là ou Mme royale l'est dans le PS.....lui a su mentir pour obtenir 70% de cet éléctorat, Mme royale ne l'a pas fait, ce qui lui vaut de perdre, mais à la fois, d'avoir une majorité unis, car elle, ses 50% sont d'un tenant et non l'union de courants de pensées qui n'ont de commun que de vouloir conserver le pouvoir !

Ceci revient à donner raison à Mme ROYALE, puisqu'elle focalise l'ensemble des conservatismes de la France, du PS, c'est donc bien, qu'elle apporte un vent moderne sur un mur de conservatisme.....et qu'en soit, elle est bien la représentation de l'histoire qui avance....à elle seule !

Seulement dire "démocratie participative" ne suffit pas !! et même donner le mot en anglais ça rassure pas, je vous le dis ! bien le contraire !

il faut expliquer aux citoyens comment ils participent activement à la démocratie....par quel système....concrètement....et il faut même mettre en place des systèmes participatifs (internet, téléphone, mairie) qui unissent le plus possible de personnes....qui ne soit pas discriminant (uniquement internet par exemple)....et cela surtout pour les plus anciens qui sont réticents aux changements....

A ce moment là, les français commencerons à comprendre et à y croire....sans cela rien de possible ! Et le mot composé le restera mais au passé...sans même pouvoir être conjugué....à quoi que ce soit....encore moins à Bayrou !

Il en va qu'il n'existe plus que deux solutions à la participation démocratique.....ou lutter seule et imposer un modèle viable pour appliquer un projet.....en somme, un raz de marée de réussite à terme, tel obama, mais pour le moment la traversé d'un certain desert.....ou alors, elle s'étouffe dans l'oeuf, tout simplement !

je ne m'étonnerais pas que notre président ait la pensée rapide de vouloir éliminer physiquement, étouffer radicalement dans l'oeuf Mme royale....ça arrangerait tout le monde, gauche conservatrice, droite, financiers, et tous ceux qui tiennent à leurs postes sans avoir de réels éfficacités autre que de ce remplir les poches.....et de conserver pouvoir et privilège au détriment du grand nombre.

Autant dire que si j'étais Mme royale actuellement, je serais sur mes gardes !! Car a elle seule, elle représente maintenant plus qu'un danger politique, mais bel et bien, un danger économique pour certain.....donc, à faire tomber !!

ceci dit, maintenant je suis convaincu que l'on peut faire mieux et que cette femme incarne le changement pour la France........

Et qu'à ce jour, ELLE est l'unique représentante politique crédible du changement, du futur....Rien que le fait justement qu'elle focalise l'ensemble des haines, jalousies, crainte....montre bien, que c'est elle l'avenir....et non, ceux qui s'unissent pour dénoncer !!
Ceux là sont les faibles de l'histoire !! s'accrochant jusqu'aux bouts de leurs ongles aux pouvoirs !!

Maintenant je crois qu'elle doit au delà de surfer sur son image qui devient forte, avoir aussi une position politique claire et déterminé tant sur le mode opératoire, que sur la morale et les systèmes économiques qu'elles souhaitent mettre en place.....donc finalement, le projet qu'elle proposera à sa propre démocratie participative....viendra ou non la renforcer !

car dans un monde conservateur, elle n'a pas d'autre choix que de devoir s'expliquer de manière quasi récurrente, que de devoir rassurer, surtout les plus agés, pour faire accepter ses idées...

De sa clarté naitra ou pas la démocratie qu'elle souhaite guider.

tout manque de clarté de sa part sera utilisé par les plus anciens pour faire peur à l'ensemble des citoyens afin de continuer à tout bloquer !!

comme c'est le cas maintenant !

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